Tutorial PhotoShop : Point Blanc Point noir pour la presse

Par FRED BERTRAND pour www.PlumeDepixel.com - Avril 2009

Notre objectif

Comment avec la même méthode, peut on supprimer une dérive colorimétrique, préparer un fichier pour une impression en CMJN et ré-équilibrer tout simplement la densité et le contraste d'une image ?

Vous avez tous remarqué les 3 pipettes des palettes « courbes » et « niveaux », Elles servent à définir quelle partie de votre photo sera le point blanc et le point noir ( je reviendrai sur la pipette grise plus bas ) c’est à dire à définir quel sera le point le plus blanc ou/et le plus noir de mon image. Vous vous en servez aussi pour corriger ( à la va vite ) les dominantes de couleurs, pour ceux qui n’utilisent pas Camera raw pour les jpeg, pourtant fort utile !

Je vous propose une méthode simple pour ne jamais vous tromper.
L’avantage supplémentaire de faire cette méthode est qu’elle vous servira pour l’imprimerie traditionnelle ( presse magazine, affiches dans le métro, posters, carte postales, etc …) si vous n’avez pas les profils de votre imprimeur car, vous shootez en RVB et l’imprimerie c’est du CMJN, deux formats différents.

Sans rentré dans le détail qu’un flasheur expliquerait mieux que moi, le RVB est traduit par notre histogramme dans une plage de gris qui s’étend du Noir = 0 au Blanc = 255, tandis que le deuxième s’exprime en pourcentage d’encre et ce dernier à une gamme de couleurs moins étendue, donc moins de détails restitués. Donc si vous ne voulez pas que votre impression finale fasse des aplats de noirs et de blanc papier où l’encre de s’imprimera tout simplement pas, voici la méthode.

Mais avant d’ouvrir notre image pour la corriger, faisons une dernière différence entre le point blanc ( le point le plus blanc de mon image, j’insiste ) et les lumières spéculaires.



Lumières spéculaires définition

  • C’est un éclat de lumière. ( c’est pas du Larousse mais ça a le mérite d’être clair. )
  • C’est une lumière si forte qu’elle ne contient plus aucun détail, par exemple un reflet sur des verres de lunettes,
    la brillance d’un pare choc de voiture, le flash dans la pupille des yeux ( qui nous renseigne sur le matériel utilisé par le photographe ), un bijou, etc…
  • Ces lumières apparaissent souvent sur des formes convexes, bombées. Et on ne peut rien y faire.
  • Ces lumières ne nous intéressent pas puisqu’elles ne contiennent aucune information.

    Voici notre image. En rouge les lumières spéculaires qui ne seront pas imprimées et en mauves, les superbes aplats de noirs en perspectives, le tout avec une belle dérive verte due aux néons et un sous exposition.

Haaa… Je reçois à l’instant une dépêche de l’Admin de Plume qui me dit qu’il faut faire de l’audience… Message reçu !

 

Dans cet exemple ce qui frappe tout de suite votre oeil de pro, c’est le sac blanc !

  • Vous constaterez les points rouges et les points mauves ( feu rouge ) qui représente les extrêmes noir et blanc qui ne seront pas retranscrit en imprimerie traditionnelle. Et cette dérive de bleu et un certain manque de contraste.


  • Voilà comment remédier à ces fâcheux problèmes qui nous gâchent la vue et nous empêchent d’apprécier
    pleinement et à sa JUSTE VALEUR cette image.

    Ouvrez la palette des « Seuil… » : Image > Réglages > Seuil…

  • Voilà ce que vous obtenez. Un seul curseur calé sur le gris neutre à 128 donc entre 0 et 255…

  • Allons chercher le point blanc en déplaçant le curseur jusqu’à 247 car au-dessus le blanc ne sera pas imprimé.

 

En cliquant sur « Aperçu » votre image repasse en couleur, vous savez maintenant à quoi correspondent ces tâches blanches et si elles sont nécessaire d’être conservées ou pas, c’est là toute la finesse de ce réglage.

En augmentant de 1 niveau, c’est-à-dire à 248, vous saurez quels points étaient à 247 puisqu’ils auront disparu.
Lorsque vous aurez repéré un point à 247, appuyez sur la touche « Majuscule temporaire » ( pas la Majuscule permanente ), votre pipette s’adjoint d’une petite cible, cliquez sur le point à 247, une cible avec le numéro 1 s’appose à l’endroit du clic.

Ce sera notre premier repère. Pour celles et ceux qui se seraient trompés dans la cible, faîtes : Majuscule temporaire + Alt, des ciseaux apparaissent, en cliquant sur votre erreur la cible numérotée disparaît.

Focalisons sur la tâche blanche du sac en grossissant notre image, je vous le conseille vivement pour plus de précision et en se déplaçant en maintenant enfoncé la barre d’espace ET le clic, une main apparaît à la place de votre curseur. Cliquez sur un point à 247.

  • Faîtes la même chose pour le point noir que vous calerez à 8 en vérifiant bien qu’à 7 il ait bien disparu.
    Certaines rumeurs disent que nous pourrions maintenant élargir les gris en calant à 5 mais je n’ai pas vérifié.
    Vous pouvez également monter et descendre de niveau avec les flèches de votre clavier ou le pad (Mac).


ATTENTION

Une fois que vous aurez calé vos deux points, NE cliquez PAS sur « OK » car votre image resterait blanche et noire. Cliquez sur « ANNULER », les points seront toujours conservés.

Ci-dessous l’image en couleur avec les deux points 1 et 2 sur les zones qui m’ont paru le plus important où garder du détail.

 

  • Ouvrez la palette des « Courbes » ou des « Niveaux » comme ci-dessous.
  • Cliquez respectivement sur la pipette blanche et sur votre premier repère ( la dérive colorimétrique s’efface) puis faîte pareil avec la pipette noire sur votre deuxième repère ( le contraste s’effectue).
  • La pipette grise à la même fonction que la noire et la blanche mais je ne m’en sers jamais.
  • Vous pouvez avec le curseur gris (le gamma) du milieu de la palette, gérer la luminosité ou plus précisément la densité de votre image.
  • Les deux autres curseurs étant destinés au contraste
  • Voilà l’histogramme après la transformation.
    Il est en peigne ce qui veut dire que l’on a perdu certaines informations, pour minimiser cet impact, toujours travailler sur des fichiers dont vous aurez changé le mode 8 bits pour le mode 16 bit, les destructions sont moins grandes.
    Les cibles peuvent être supprimées après la correction ou conservées, elles n’apparaissent qu’à l’ouverture des palettes Courbes et Niveaux et nulle part ailleurs.

 

Avant & Après…

La grande différence c’est que la seconde image peut être imprimée dans la presse magazine sans risque d’aplat ou de blanc papier. Nous nous sommes occupés que de la densité et du contraste, comme les tireurs argentiques et sans aucun autre effet…

Vérifiez par vous même !!
En changeant le mode RVB pour le mode CMJN et en cliquant sur les couleurs non imprimables avant et après la correction.

 

Note de l'admin : En plus d'être interressant cela ne manque pas d'humour !